samedi 24 septembre 2016

Jour 6 : Prades - Canet en Roussillon

Distance: 67 km - D+: 200m - Durée: 2h10
Cols: Néant
 
Qui n'a jamais vu Prades, n'a pas perdu grand-chose.
Je plaisante, ce n’est pas si mal, au moins il fait beau, il y a des palmiers dans la rue et pour une fois, quand on ouvre la fenêtre, on n'a pas 10 degrés. Mais ce matin, il flotte comme un air de fin de vacances, comme lorsqu’on sentait la rentrée de septembre approchée et que l’on réalisait soudainement qu’on avait encore plein de choses à terminer, à expérimenter, à découvrir… .

Bientôt nous le sentons, vont s’installer - la nostalgie de nos échanges de vannes dès le réveil - le souvenir de nos discussions philosophiques dans les montées où nous abordions, aussi bien les mérites et inconvénients des freins à disque que les histoires de Toto qui doit mettre un suppositoire à sa grand-mère - et les regrets de ne pas avoir attaqué dans tel ou tel col…  
Pour l’heure, ce n’est pas en arrière qu’il faut regarder mais plutôt vers le bas car effectivement nous avons aujourd’hui au programme une étape de descente : 70 km de descente et faux plats descendants jusqu’à Cannet via Saint Cyprien.

Petit déjeuner top, dans des jolis plateaux en plastique bleu qui sentent bon l’éponge sale qui les a lavés; dans une salle baignée d'une charmante lumière blafarde que les néons seuls, peuvent donner. Mais cela n’a pas d’importance car comme disait un cycliste d’Alexandrie :

Aujourd’hui il fait beau, je vais faire du vélo
Demain je n’en fais plus, j’aurai moins mal au cul

Avant de prendre le départ, nous décidons de jouer au Tetris avec le coffre de la voiture de Gina. L’objectif est de ranger l’intégralité des bagages de 5 personnes, plus les 5 personnes afin d’éviter de louer une voiture supplémentaire. En effet, il faut gagner du temps, Gina tirant de plus en plus sur ses rênes (j’avoue avoir cherché l’orthographe car j’avais soit, il tire sur ses Rennes, et là c’est du breton, soit il tire sur ses reines, et là c’est carrément la Reine des neiges) pour rentrer au plus tôt. Thierry aide bien en plaçant systématiquement au pire endroit son duvet ou sa pompe, à l’endroit pile où Nico avait prévu de mettre une grosse valise. Francis et ses « cela ne rentrera jamais » nous apporte réconfort et motivation, quant à moi, j’aide au mieux Nico qui met dans cet exercice toute la ferveur du papa castor construisant sa hutte. Il semble mettre un point d’honneur à ce que tout rentre, il en va de sa réputation de bon père de famille. C’est à cela qu’on reconnait un bon père de famille, à sa faculté à tout faire rentrer dans la voiture ; maintenant, pour ce qui est du contenu des valises, c’est une autre histoire...
Il est temps de partir
 
Le parcours est très agréable, nous empruntons des routes secondaires qui serpentent entre les collines chargées d’odeur de pin, de garigue, de poussière chaude que les femmes des villages soulèvent, lorsqu’à notre approche, elles s’écartent du chemin; laissant derrière elles les effluves d’agrumes de leur peau tannée par le soleil. Oh Marius ! il faut se calmer, t’es juste dans sur une route dans des collines pelées et pas loin d’une grosse nationale.




Il faut malheureusement rouler quelques kilomètre sur la N118 que nous quitterons juste avant la descente vers Saint Cloud, nan j’déconne, mais c’est quand même une route pas très agréable et nous sommes contents de reprendre une route plus tranquille. Nous roulons à vive allure emmenés par Gina qui a enfin décider de travailler en se plaçant devant. Une certaine période d’adaptation lui est nécessaire car on ne passe pas de 8km/h à 35 km/h aussi facilement que cela. Il faut se ré-habituer au vent qui frappe vos joues, à l’air qui bourdonne dans vos oreilles, au soleil que l’on prend de face.

Sur notre route nous prenons une photo devant les caves Byrrh. Village qui permet donc de se débarrasser d’un tirage de merde au scrabble ; bhryr.. Byrrh !! mot compte triple et toc dans ta face!



Plus que quelques kilomètres et nous voici à Cannet, sur la promenade que le TOAC décide, sans vergogne, de transformer en piste cyclable. Se pousse les viocs ! on arrive.



Une gentille passante qui passait par là en passant va faire office de photographe. Nous avons l’habitude d’harceler les gens afin qu’ils nous prennent en photo. D’habitude, c’est rapide, ils appuient sur le bouton, restent appuyer 20 secondes et donc prennent 35 fois la même photo et ensuite nous rende le téléphone en se fendant d’un sourire à la con. Mais la, que nenni, notre passante décide de prendre les choses en main et nous fait poser, tantot debout à coté du vélo, puis sur des marches. Elle change la position de ses mannequins, le grand au sourire ultra bright en haut , le petit tout sec en bas, le gros au milieu, monsieur propre au-dessus ; puis elle change tout. Bref elle s’éclate comme une petite folle à donner des ordres, ce qui a tendance à agacer un petit peu notre Gina qui lui balance une pique, le mufle.



 
Au bout de la jetée, c’est la gay pride !! on se met tous en slip et on dirait qu’on chercherait dans notre valise, les fesses en l’air.




Ah tient, et si on accrochait les vélos toujours en slip, mmm calor !!
 

il faut chaud, vite à l’eau. Et après on dirait qu’on sortirait tous de l’eau en serrant bien les abdos ! Facile pour Nico et Gina, moi je galère un peu plus, c’est pour ça que je me mets derrière.




Ohhh, je suis tout salé, il me faut une douche

 

Mais mais, qui m’a mis du sable, il faut bien rincer !!!



Ensuite il a bien fallu se rendre à l’évidence, il faut remettre des vêtements civils un jour et arrêter de se balader avec une couche aux fesses !! donc on s’habille et direction un resto bien sympa (La voile bleue). Le resto n’est pas du tout en pente, c’est la photo qui n’est pas cadrée !



Dans ce resto, on peut choisir son poisson, c’est chouette. Et pour les toilettes, c’est pareil, avant d’entrer, on choisit son PQ (Jean Mare Bigard, sort de ce corps !!!).



Puis direction Toulouse où nous attend Rodolphe.
 
Pour ne pas dépareiller sur la photo, on essaye tous de faire un peu une grimace, mais on n’est pas au niveau. Une coupe de champagne viendra clore ses 771km, 17500 D+ et 38h de vélo. Tout cela dans un confort hors norme que seul notre gourou Francis pouvait procurer.
Un grand merci à Rodolphe pour avoir lancé l’idée puis ensuite s’être lancé tout court, à Thierry pour ses blagues (au fait le suppo il ne faut pas le donner au dindon !), à Nico pour m’avoir laissé arriver premier parfois (je t’ai vu freiner dans les montées !), à Gina pour sa patience légendaire face aux ascensions et pour m’avoir offert une source inépuisable d’inspiration pour la fin de ce blog.

 


Une page se tourne, les vélos vont souffler un peu, mais ils vont ressortir…. croyez moi !!.

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